La rédaction se rapporte au verbe transitif rédiger. Dans le TFLi, un ancien usage du mot rédaction, nous conduit à un mot cousin : réduire : ramener à ses composants essentiels, moudre. Voilà qui nous éclaire! Rédiger, c’est moudre le sujet dont on parle. Nous devons prendre un contexte, un événement et le moudre de façon à y faire ressortir les composantes essentielles qui le décrivent.
Une bonne rédaction nous demande donc un bon jugement, une capacité d’élaguer toutes les ramures superficielles d’une histoire pour que les fruits qu’elle porte soient des plus éclairants et des plus nourrissants. C’est la différence entre un pommier sauvage branchu et ébouriffé qui ne peut que nourrir les estomacs et les cervelles des oiseaux, et un pommier aux pommes charnues et bien juteuses, fruit d’un élagage judicieux.
Rédiger, c’est aussi la manière et la forme que nous donnerons à un texte. Quel type de rédaction faisons-nous? Est-ce un article de journal, un article de loi, un texte d’opinion, un roman, un reportage …? Une bonne rédaction répondra à la finalité de la commande. Un article de journal qui doit rapporter un fait, ne s’écriera pas de la même manière qu’un éditorial ou un roman. Chaque type de rédaction commande ses exigences qui, si elles sont choisies avec justesse, porteront le papier et ses lecteurs.
Justement, que dire de ces lecteurs pour les quels nous nous épanchons sur nos claviers? Sans lecteurs, l’écrivain fouette le vent. Il est inutile, à moins qu’il se complaise à s’étonner lui-même: de la masturbation intellectuelle. Le papier, l’ancre ou les ondes que nous sacrifions en support à nos écrits, méritent que nous pensions sans relâche à nos lecteurs. Pour leurs plaire? Peut-être. Mais pas nécessairement. On peut les choquer. On peut les bousculer, les provoquer, les piquer les chatouiller, les moucher, les estourbir, les étarquer, les étuver... Mais il ne faut surtout pas les étriquer. Un texte doit, à mon sens, apporter sa part de lumière. Si il ne réjouit pas, il doit rendre moins idiot.
RÉDIGER, verbe trans.A. 1. Vieuxa) Rare. Réduire, ramener à ses composants essentiels, moudre. Ils ont apporté un filtre à esprit-de-vin, et rédigent eux-mêmes leur café (MURGER, Scènes vie boh., 1851, p. 121).b) Rédiger en. Résumer par écrit, mettre en formule, condenser.
Rédiger par écrit. Synon. consigner, noter, transcrire.2. Vieilli. Rédiger un journal. Écrire les principaux articles et diriger la publication d'un journal. [Le compl. d'obj. désigne la nature, la matière et/ou la forme du texte] Mettre par écrit, en particulier sous une forme définitive ou selon la forme requise. Synon. écrire, composer, libeller. Il aimait imaginer une affaire nouvelle, la lancer dans l'imagination des autres.
source: Trésors de la langue française
source: Trésors de la langue française
1)*ESTOURBIR v. tr. XIXe siècle. Issu de l'allemand sterben, « mourir ».Fam. Assommer ; tuer. Il s'est fait estourbir par deux malfaiteurs. Fig. Frapper de stupeur. Il est encore tout estourbi par la nouvelle.
source: Dictionnaire de l'Académie neuvième édition.
ÉTRIQUER, verbe trans.A. 1. [Le compl. d'obj. désigne une chose concr. et en partic. un vêtement] Rendre étroit, priver d'ampleur.2. ... ce serait trop étriquer le débat de réduire la protestation et la supplique de nos pétitionnaires à une plainte en faveur de pierres sculptées.BARRÈS, Cahiers, t. 9, 1911-12, p. 387.2. [Le compl. d'obj. désigne une chose abstr.] Restreindre, empêcher le développement de. La raideur crée la raideur, une attention trop contrainte étrique l'action en rétrécissant le champ de conscience (TAINE, Notes Paris, 1867, p. 298). Au lieu d'étriquer la vie, il épanouit devant son intelligence la part de beauté qui sommeille dans le médiocre (BARRÈS, Homme libre, 1889, p. 162).
Source: Trésors de la langue française